Révolutionnant à jamais la médecine, les biomédicaments ou médicaments biologiques sont des traitements issus de la biologie, sans devoir passer par une synthétisation chimique. Plus qu’une actualité santé, c’est une véritable révolution pharmaceutical.

Le spectre d’action est plus large, car cette nouvelle génération de médicament cible directement le processus moléculaire, ce qui permet d’augmenter le nombre de maladies à soigner, notamment le cancer qui est un fléau mondial.

Mais comment sont créés les biomédicaments et pourquoi le prix des traitements est-il encore inaccessible au citoyen lambda ?

 

Biomédicaments : le processus de fabrication

Si les tout premiers médicaments biologiques étaient les vaccins, le Biologics Control Act mis en place en 1992 fut la première loi visant à sécuriser les biomédicaments, une législation qui fut instaurée après l’utilisation d’injections contaminées de diphtérie à des enfants et qui a causé la mort de 13 enfants.

Le processus de fabrication de ces médicaments de source biologique n’a cessé d’évolué, entre autres avec la recombinaison de l’ADN dans les années 1970 qui a permis aux fabricants de médicaments de ne plus se servir de molécules issues des animaux, parce qu’il est devenu possible de « coller » le gène de l’insuline humaine dans un microbe capable de fabriquer directement de l’insuline, et après un long et couteux processus de purification, l’insuline injectable obtenue sera totalement identique à celle produite par un organisme en bonne santé.

Actuellement, les scientifiques se servent de cuve en acier inoxydable et de tout un système de jauge et de tuyaux pour cultiver des cellules vivantes, qui sont indispensables pour cultiver des médicaments. Les traitements issus de la purification des molécules sont directement utilisés sur des patients souffrants d’un stade avancé de cancer, afin qu’ils puissent bénéficier des atouts des cellules vivantes présents dans les médicaments biologiques.

Quelles différences entre les médicaments classiques et les versions biologiques ?

Même si bon nombre de médicaments comme l’aspirine et la statine proviennent de la nature (écorce de saule pour l’aspirine et champignon pour la statine), les versions que nous utilisons aujourd’hui sont issues de production chimique. En effet, les médicaments basiques sont réalisés dans les usines et les laboratoires avec des briques élémentaires chimiques, dont les structures moléculaires sont prédéfinies et faciles à obtenir, comme les 21 atomes (9 carbones, 8 hydrogènes et 4 oxygènes) de l’aspirine qui seront collés ensemble et copiés pour vous fournir le médicament.

Ce qui n’est pas le cas des biomédicaments, dont la classe de médication ne nécessite pas une chimie de synthétisation, parce qu’ils sont prélevés directement dans la biologie, en se servant de cuves fonctionnant tels des bioréacteurs contenant des microbes génétiquement modifiés ou des cultures de cellules mammaliennes, tandis que d’autres scientifiques utilisent des plantes pour cultiver les médicaments biologiques.

Suivant les cas, les biomédicaments sont des cellules entières vivantes ou mortes et générées par des cellules en tant qu’anticorps qui sont normalement produits par les cellules B du système immunitaire humain. Dans certaines situations, les médicaments biologiques sont considérés comme des enzymes parce qu’elles composent les cellules, permettant ainsi d’obtenir des cellules plus larges et plus efficaces que ceux contenus dans les médicaments classiques.

Ainsi, les biomédicaments sont toujours baignés dans une solution liquide et vous ne pourrez jamais en trouver sous forme solide ou sur une plaquette.

Les atouts des biomédicaments

Que ce soit pour les médicaments biologiques ou les présentations classiques, ils agissent en tant qu’inhibiteurs qui vont interagir avec la biologie du corps pour s’attacher au rouage moléculaire des cellules. Et pour créer de nouveaux médicaments, les chercheurs ont l’habitude d’observer les effets de nouveaux composants sur l’évolution d’une maladie.

Toutefois, les proportions des cellules des médicaments et des cellules humaines ne sont pas les mêmes parce que l’organisme contient un grand nombre de molécules, et si le médicament n’atteint pas sa cible principale, cela provoque des effets secondaires.

Pour y remédier, les biomédicaments sont réalisés dans des tailles proportionnelles avec les molécules cibles pour assurer une meilleure précision de traitement, avec un effet inhibiteur amélioré et une stimulation du système immunitaire sur certaines tumeurs.

Parce que les biomédicaments servent essentiellement à viser le processus moléculaire, ils peuvent être efficaces dans plusieurs maladies jusqu’ici jugées incurables avec les médicaments classiques. C’est le cas de certains cancers et maladies qui sont désormais traités par des biomédicaments à base de protéine, entre autres pour le lupus, la sclérose en plaques, la maladie de Crohn, l’insuffisance rénale, la polyarthrite rhumatoïde, l’asthme ou la hausse du taux de cholestérol dans l’organisme.

Chaque année, de nouveaux biomédicaments sont créés, comme le traitement du mélanome avancé approuvé en 2015 par le FDA, et qui était à l’origine un virus de l’Herpès, ayant subi une modification génétique et dont la reprogrammation génétique a permis de cibler les cellules cancéreuses tout en aidant le système immunitaire à lutter contre le cancer.

Biomédicaments : un coût exorbitant

Certes, l’efficacité des biomédicaments a été approuvée, mais ils demeurent inaccessibles pour les patients. À titre d’exemple, le T-VEC, le traitement du mélanome avancé produit par l’entreprise Amgen coute dans les 65 000 euros par patient, et si ce prix est déjà écrasant, le record est attribué à Brineura, une enzymothérapie de substitution bihebdomadaire de l’entreprise BioMarin Pharmaceutical et qui est efficace pour limiter la perte de locomotion de certains patients atteints d’une maladie rare, et dont le prix d’une injection est estimé à 27 000 dollars, pour plus de 700 000 dollars de traitement annuel pour une seule personne.

Bien entendu, ces prix sont inaccessibles et inquiètent autant les patients, les médecins que les chercheurs, et pour y remédier le gouvernement américain a mis en place l’Obamacare destiné à créer de nouveaux genres de biomédicaments, fonctionnant comme des médicaments génériques biosimilaires qui seront aussi efficaces que les biomédicaments approuvés.

Mais si les médicaments génériques sont identiques à ceux qu’ils remplacent, ce n’est pas le cas avec les médicaments biosimilaires, qui, comme leur nom l’indique, seront similaires, mais non identiques aux biomédicaments qu’ils imitent. Ainsi, s’il s’agit de trouver le traitement pour une maladie complexe, il faudra de longs processus et essais cliniques pour garantir l’efficacité des biomédicaments et la sécurité d’utilisation.