En février 2017, Les Entreprises du médicament plus connu sous l’abréviation LEEM ont annoncé une hausse de + 0,2 % de l’emploi dans l’industrie pharmaceutique en France.

Et même s’il s’agit d’une nette amélioration depuis 2007, les données de 2016 sont encourageantes, et ce, malgré « des signes de fragilisation qui persistent » toujours selon la fédération du secteur. Analysons ensemble cette actualité pharma.

Emploi dans l’industrie pharmaceutique : retour sur les données de 2015

Pour en revenir aux chiffres de 2015, l’industrie pharmaceutique employait quelque 98 960 salariés, enregistrant une baisse de -0.1 % sur un an, et représentant plus de 3 % de l’emploi industriel en France. Cependant, le Leem fait état d’une situation « contrastée » au niveau des familles de métiers, dont une amélioration de 2,3 % des effectifs en production en 2015, soit pour 44 % des employés du secteur, contre 25 % des effectifs commerciaux qui ne cessent d’être revus à la baisse avec -4,2 %.

D’ailleurs, ce sont les évolutions des stratégies commerciales des laboratoires qui ont emmené à la suppression de 11 500 emplois dans le secteur de la visite médicale entre 2004 et 2015. D’autant plus que les laboratoires préconisent aujourd’hui la promotion de produits à forte valeur ajoutée, mais à volume réduit, afin de mieux cibler les clients et réduire la distance grâce aux outils numériques.

D’après le Leem, des « mesures structurantes d’anticipation et de transformation des métiers » ont servi à « endiguer » depuis 2015 la dégradation des effectifs pharmaceutiques.

Emploi dans l’industrie pharmaceutique : les prévisions 2022

Pour améliorer la situation de l’emploi dans l’industrie pharmaceutique, les entreprises membres du Leem ont confirmé aux organisations syndicales leurs engagements à recruter beaucoup plus de jeunes et de seniors pour 2017, 2018 et 2019, visant ainsi à doubler le nombre de contrats d’apprentissage ou de professionnalisation d’ici 2022, en engageant 5 000 personnes par an.

Et pour en revenir au cas de la France, des « signes de décrochage » sont bien présents et « bien réels » d’après les constatations du Leem qui ne tolère pas les mécanismes de régulation « inadaptés » aux prix et à l’accès au marché du médicament en France, et il en est de même pour les charges fiscales spécifiques mises en place dans le secteur de l’industrie pharmaceutique et qui limite largement la compétitivité.

Les plans de sauvegarde de l’emploi dans l’industrie pharmaceutique

Toujours d’après les informations de la fédération des entreprises du médicament, 2016 a permis à la mise en place de 13 plans de sauvegarde de l’emploi dans le secteur de l’industrie pharmaceutique en France.

Et si les plans étaient au nombre de 20 en 2015, l’impact de ceux mis en place en 2016 a été plus conséquent, avec une nette amélioration des effectifs, permettant ainsi à la création de 1 715 postes en 2016 contre 1 560 en 2015.

Industrie pharmaceutique et biotechnologie

Si les autres pays du monde entier n’hésitent pas à exploiter les médicaments biotechnologiques, la France semble ne pas s’intéresser, et la fédération des Entreprises du médicament commence à redouter les retombées de ce manque de réaction.

En effet, durant une table ronde sur l’industrie pharmaceutique à l’Assemblée nationale, Philippe Lamoureux, le directeur général du Leem a tenu à préciser qu’actuellement, « 80 % de la production française est concentrée sur la fabrication de médicaments d’origine chimique ». Et ce, malgré la création de nouvelles start-up françaises misant sur les innovations dans les sciences de la vie. En comparaison aux autres pays de l’Europe, la France arrive à la septième position du classement si l’on se réfère aux ventes de produits issus de l’exploitation biotechnologique.

D’ailleurs, M. Lamoureux continue à rappeler que sur 46 autorisations de mise sur le marché de nouveaux médicaments en Europe entre 2014 et 2016, seulement trois d’entre eux ont été fabriqués en France. En réaction à cela, Yves Lépine, directeur général du groupe Guerbet et membre du G5 santé, cercle de réflexion des industriels du secteur est d’avis que « ce sont des milliers d’emplois que l’on a laissé filer ».

Quelques chiffres du LEEM

Organisation professionnelle des entreprises du médicament exerçant en France, le Leem rassemble plus de 260 entreprises adhérentes, comptant un effectif global de 98 690 salariés, représentant plus de 3 % de l’emploi industriel en France et un chiffre d’affaires estimé à plus de 54,5 milliards d’euros.

Le Leem dispose des données sur les études et les analyses chiffrées et argumentées concernant les grands enjeux du secteur.

Une hausse du marché mondial de l’industrie pharmaceutique

Au niveau mondial, le commerce des produits pharmaceutiques est en nette progression, et cela est lié aux dernières innovations scientifiques et au vieillissement de la population. Lors d’un interview avec l’ats, Thomas Cueni, nouveau directeur de la Fédération internationale de l’industrie pharmaceutique (IFPMA) confirme que d’ici 5 à 10 ans, le marché mondial de l’industrie pharmaceutique sera en constante croissance, permettant entre autres à des millions de personnes habitant les pays en développement à accéder aux médicaments.

D’après les données fournies par un institut américain, le chiffre d’affaires mondial de la pharmacie est estimé à 1105 milliards de dollars en 2016, et ce chiffre atteindra les 1500 milliards d’ici 2021, expliqué notamment par l’arrivée de 2000 nouveaux médicaments. Du côté de l’emploi, les avancées technologiques en industrie pharmaceutique permettront à 2 millions d’employés de participer à l’amélioration des traitements des maladies chroniques, essentiellement les pathologies caractéristiques du vieillissement, les cancers et autres maladies orphelines.

Toujours d’après le directeur de l’IFPMA, « la pharma a beaucoup changé ces 25 dernières années et changera beaucoup pendant les 25 prochaines », permettant ainsi aux petites sociétés d’acquérir les molécules créées par les grands groupes, tandis que la numérisation du secteur de l’industrie pharmaceutique a ouvert la voie aux nouveaux acteurs. Ainsi, si certaines entreprises viendront à disparaitre, d’autres seront créées affirme Thomas Cueni, le nouveau directeur de la Fédération internationale de l’industrie pharmaceutique qui a à son actif 31 entreprises et deux millions d’employés localisés dans différents pays du monde.