1. Quels sont les destinataires de l'Opinion Pharmaceutique ? L'Opinion Pharmaceutique, est transmise, soit au prescripteur quand la réglementation l'impose, soit au médecin, quand le pharmacien l'estime opportun. L'objectif est de permettre au praticien de réagir efficacement dans un délai utile.
Le patient quant à lui a, sur sa demande, un droit d'accès permanent aux informations le concernant.
2. L'Opinion Pharmaceutique est-elle légale ?
L'Opinion Pharmaceutique trouve sa source
dans le Code de la santé publique.
L'analyse pharmaceutique (art.
R.4235-48) doit en effet prendre
en compte les caractéristiques
personnelles du malade
(art.
R. 4235-61 et L.
5125-23). " L'intérêt
de la santé du patient "
est au cur de la mission de santé
publique du pharmacien d'officine. L'Opinion
Pharmaceutique ne constitue donc pas
une nouveauté réglementaire.
Seule sa formalisation grâce à
l'outil informatique est nouvelle.
3. L'Opinion Pharmaceutique engage-t-elle la responsabilité du pharmacien ?
Toute délivrance de produit de santé, qu'il soit prescrit ou non, engage la responsabilité du pharmacien,
que la trace de son acte se limite à une simple facture ou prenne la forme d'une Opinion Pharmaceutique.
4. L'Opinion Pharmaceutique est-elle confidentielle ? L'Opinion Pharmaceutique est naturellement couverte par le secret professionnel. Sa communication
à des tiers non expressément habilités est donc passible de sanctions pénales.
Il appartient au pharmacien, soumis au secret professionnel, de s'assurer de la confidentialité du mode
de transmission de l'Opinion Pharmaceutique.
5. Pourquoi le pharmacien remet-il en cause l'ordonnance du médecin ?
Le pharmacien ne remet pas en cause l'ordonnance du médecin. Au titre de sa compétence scientifique
il a pour mission légale de veiller à la bonne utilisation du médicament prescrit ou non.
Chaque fois que son analyse le conduit à constater que : • la sécurité, (risques pharmacologiques liés aux médicaments, aux interactions des produits entre eux,
ou à celles de produits avec le profil du malade), • l'efficacité, (concordance, dosage, forme, adhésion au traitement ), • le confort, (galénique ou conditionnement inadaptés ), • l'économie (rationalisation des dépenses de santé ),
mettent en cause " l'intérêt de la santé du patient ", le pharmacien est dans l'obligation d'intervenir, en concertation avec le médecin si la situation l'exige, avec pour conséquence une suspension, une modification voire un refus de sa délivrance.
6. L'Opinion Pharmaceutique concerne-t-elle les médicaments génériques ? Oui comme tous les médicaments : le générique est un médicament comme les autres !
7. Qu'est ce que la pratique de l'Opinion Pharmaceutique change pour le pharmacien ? Sur les principes fondamentaux, rien puisque l'Opinion Pharmaceutique formalise un acte déjà défini dans le Code de la santé publique, et auquel tout pharmacien doit souscrire.
Mais cette approche qualitative permet de développer un véritable suivi du malade, prévenir de façon beaucoup plus fine les risques d'échecs et d'accidents médicamenteux et promouvoir un conseil adapté aux caractéristiques personnelles de chacun.
8. Les Opinions Pharmaceutiques sont-elles conservées ?
Oui elles sont conservées avec l'accord du malade et dans le respect des lois en vigueur. C'est la mémoire des Opinions Pharmaceutiques successives qui permet précisément d'établir le profil du malade, et donc d'optimiser son suivi. Le dossier ainsi constitué est entièrement protégé par le secret professionnel, au même titre que le dossier du médecin.
9. Un préparateur peut-il émettre une Opinion Pharmaceutique ?
Un préparateur n'est habilité à délivrer que sous la responsabilité et le contrôle effectif d'un pharmacien.
En cas d'incident qui justifierait une suspension, une modification voire un refus de délivrance, l'Opinion Pharmaceutique ne peut être émise que par un pharmacien.
10. En quoi l'Opinion Pharmaceutique permet-elle un meilleur suivi du patient ?
Le processus de l'Opinion Pharmaceutique peut susciter le questionnement du malade, éventuellement celui du prescripteur, la consultation d'un historique de délivrance, l'interrogation d'une base de données d'interactions médicamenteuses, la recherche d'informations auprès de laboratoires, de services hospitaliers, etc.
Toutes ces informations constituent un ensemble de données nécessaires à une meilleur dispensation des produits de santé. Leur mémorisation à chaque dispensation, assure la prise en compte dynamique, dans la durée, des particularités du patient et donc un meilleur suivi de sa thérapeutique.